Stress et microbiote intestinal : une relation toxique

Mis à jour : mars 19

Il est désormais avéré que le stress chronique a des effets nuisibles sur le corps. Son implication dans plusieurs maladies chroniques est démontrée, tout comme son rôle fondamental dans la santé intestinale : apparition de troubles digestifs plus ou moins graves comme le syndrome du colon irritable, le reflux gastrique ou encore l'ulcère.

En revanche, ce que l'on sait depuis peu -et qui est encore à l'étude-, c'est la relation microbiote intestinal/cerveau. Ainsi, le rôle possible du microbiote intestinal est évoqué dans certaines maladies neurodégénératives telles la maladie d’Alzheimer, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et dans des maladies neuropsychiatriques telles l’autisme, la schizophrénie, les troubles bipolaires ou les troubles anxieux et dépressifs.

La relation entre le stress et le microbiote intestinal serait donc bilatérale, où l'un influencerait l'autre, et réciproquement. Autant dire un espoir thérapeutique considérable !



Qu'appelle-t-on le microbiote intestinal ?

Comment diminuer l'impact du stress sur notre microbiote ?

Comment, grâce à notre alimentation, nous pouvons agir sur notre humeur et nos émotions négatives ?



Le microbiote intestinal, de quoi parle-t-on ?



L’ensemble des micro-organismes qui peuplent notre intestin constitue le microbiote intestinal (ou flore intestinale). L’équilibre entre ces bactéries, levures, champignons, virus et autres micro-organismes y est fondamental pour notre santé.

Aujourd’hui, on estime que des centaines d’espèces de bactéries composent le microbiote intestinal. Le côlon porterait jusqu’à 100 000 milliards de ces micro-organismes, soit 100 fois plus que le nombre de cellules de notre corps.

A l'instar de notre code génétique, notre microbiote est un élément qui nous est propre, mais qui peut cependant évoluer et se modifier en fonction de notre alimentation et de notre environnement. Certaines espèces bactériennes qui composent notre microbiote sont étroitement liées à nos habitudes alimentaires : soit une alimentation riche en sucres et graisses animales (régime occidental essentiellement) soit une forte consommation de fruits et de légumes, comme dans d'autres parties du monde.

Notre santé dépend de la diversité de notre microbiote

On peut ainsi volontairement moduler et enrichir la composition de notre microbiote. Ainsi, en diversifiant le plus possible nos apports alimentaires, nous préservons une relation harmonieuse et équilibrée entre nos bactéries et notre intestin.



Les effets délétères du stress sur notre microbiote



Des changements physiologiques provoqués par le stress peuvent affecter différentes fonctions de notre organisme : sécrétions gastriques, motilité de l’intestin (difficulté de déplacement des aliments le long du tube digestif), perméabilité des muqueuses, sensibilité viscérale, etc. Ces changements peuvent grandement influencer le développement de troubles gastro-intestinaux comme la maladie inflammatoire chronique de l'intestin, le syndrome du côlon irritable, le reflux gastrique, les ulcères ou encore certaines intolérances alimentaires.


En ce sens, nous savons aujourd'hui que l'augmentation du cortisol, une hormone liée au stress) a des conséquences sur la perméabilité de l'intestin. C'est la raison pour laquelle, en cas de stress chronique (et donc une augmentation du taux de cortisol dans le sang), les réactions inflammatoires augmentent.


De plus, le déséquilibre de la flore intestinale dû à un stress chronique peut engendrer une fatigue chronique mais également conduire à un appauvrissement de notre réponse immunitaire.

Une surcharge de stress va perturber la faculté d'absorption et d'assimilations des nutriments nécessaires à un maintien énergétique optimal.


Les différentes techniques pour réduire le stress sont désormais bien connues. Il convient de tester plusieurs méthodes, de les combiner, afin de trouver la bonne formule qui va nous convenir. Certain.e.s vont trouver de l'apaisement dans les exercices de sophrologie, de yoga, de méditation, d'autres dans les activités sportives ou de plein air, dans les activités collectives ou plus solitaires (promenade, activités familiales, jardinage, bricolage, activités artistiques, engagement solidaire ou associatif, ...).


Tout ce qui sera bon pour notre moral sera bon pour notre microbiote !

Tout ?... Non.

Certaines habitudes pernicieuses que nous croyons bonnes pour notre moral sont en fait de redoutables bombes à retardement : l'excès de sucre, de sel et de mauvaises graisses.

Un bon beignet au chocolat sur la plage ou une raclette entre amis de temps à autres seront parfaitement bénéfiques pour notre moral !

Cependant, si les prises alimentaires sont trop copieuses et/ou trop fréquentes, c'est qu'elles ne sont plus régulées par les sensations de faim et de satiété, on parlera donc d'alimentation émotionnelle. Ce phénomène vient généralement en réponse à une situation stressante et temporaire, le retour à une prise alimentaire équilibrée s'accordera avec le retour à une situation "normale". Mais Lorsque ces prises alimentaires s'inscrivent dans le temps, on s'expose alors à des troubles du comportement alimentaire (boulimie, binge eating disorder) voire à des maladies (obésité, diabète de type 2, maladies cardio-vasculaires). C'est pourquoi, aux premiers signes de perte de contrôle sur les prises alimentaires, il est impératif de consulter un médecin généraliste qui pourra, après un bilan si nécessaire, vous proposer un traitement ou vous orienter vers un mode de prise en charge approprié : diététique, psychologie spécialisée, activités physiques adaptées,...


Le coaching thérapeutique s'avère un suivi particulièrement adapté à cette problématique : le consultant est accompagné par un professionnel tout en jouant un rôle très actif dans l'atteinte de ses objectifs. Le parcours s'établit progressivement, étape par étape et sur une durée limitée. Cet accompagnement présente l'avantage de concilier méthodes de coaching, psychothérapie, activités physiques, techniques de gestion du stress et conseils nutritionnels.



L’impact du microbiote intestinal sur le stress et l’anxiété


Les dernières recherches nous apprennent que le microbiote agit sur le cerveau et sur notre comportement. Ces études tendent à prouver que ce dernier pourrait jouer un rôle dans la modulation de la réactivité au stress et de l’anxiété et dans l’apparition de l'addiction ou de la dépression. On suppose même que ces bactéries pourraient être impliquées dans les troubles du spectre autistique, la maladie de Parkinson ou Alzheimer.


Un lien avéré entre probiotiques et réaction au stress

Les mécanismes d’action restent encore à élucider, mais il semblerait que le manque de probiotiques au niveau de la flore intestinale rendrait le cerveau plus sensible au stress ou à la dépression. Des études ont démontré que l'administration de Bifidocterium infantis à des rats souffrant de stress aigu a eu le double effet de calmer leur stress et de booster leur système immunitaire. Ils ont également constaté que la souche Lactobacillus farciminis participerait à la réduction de l'imperméabilité intestinale, alors qu'il est démontré qu’en cas de stress, on assiste à un accroissement de la perméabilité intestinale.

De la même manière, des chercheurs ont permis de créer un état dépressif chez des souris en pleine forme simplement en leur transférant le microbiote intestinal de souris dépressives : quelques jours plus tard, elles présentaient les symptômes caractéristiques de la dépression : manque de motivation, perte du plaisir, apathie.

Les anti-dépresseurs diminuent la déperdition de sérotonine, mais encore faut-il que les bactéries du microbiote intestinal fabriquent suffisamment de sérotonine. Or, du fait d'un déséquilibre de leur microbiote intestinal (disbiose), les souris dépressives ont du mal à produire de la sérotonine, ce qui rend l'anti-dépresseur quasi inefficace. Mais si on donne à ces souris des postbiotiques, l'anti-dépresseur redevient efficace.

Vous avez dit... Sérotonine ?

La plupart des bactéries intestinales humaines produisent des neurotransmetteurs, des substances chimiques comme la dopamine et la sérotonine qui permettent la communication entre les neurones.

Ces bactéries produisent au moins 85 % de la sérotonine présente dans notre organisme. Dans le ventre, la sérotonine régule la descente des aliments dans l'intestin ; dans le cerveau, c'est le neurotransmetteur qui accompagne les humeurs positives.



Les psychobiotiques : un nouvel espoir thérapeutique



À l'avenir, on devra très certainement s'intéresser à ce que renferme notre microbiote intestinal en cas de troubles anxieux ou de maladies neuropsychiatriques. Il suffira de tester le microbiote pour déceler une éventuelle disbiose et prescrire, le cas écéant, des compléments qui aideront le cerveau à retrouver un fonctionnement normal, autrement dit des psychobiotiques.


Ainsi, grâce à l’analyse du microbiote, on peut imaginer qu'il sera possible de faire évoluer les traitements des maladies en ciblant le microbiote de façon individualisée. Des scientifiques travaillent actuellement sur la façon d’identifier, en fonction de notre profil de microbiote, quel type d’antidépresseur sera le plus efficace. Cette analyse du microbiote pourra également aider à prédire le risque de certaines maladies et permettra peut-être de modifier l’histoire naturelle de ces pathologies et même de les prévenir. Nous n’en sommes qu’au tout début de la recherche, mais ce nouvel avenir thérapeutique semble très prometteur !


EN BONUS


Quels aliments pour une meilleure régulation du stress ?

Outre les différentes activités citées plus haut, on peut aussi agir sur nos humeurs et nos émotions grâce à certains aliments. Ainsi, nous penserons à privilégier les flocons d'avoine (qui favorisent la production de sérotonine), les poissons gras et les huiles riches en oméga 3, les amandes (parfaites pour lutter contre la fatigue), le chocolat noir (qui libère des endorphines et réduit le cortisol), évidemment les fruits et les légumes (notamment les bananes, les avocats, les carottes, les poivrons, les radis), les oeufs, les lentilles ou encore les céréales complètes.

Le soir, nous allons privilégier les aliments qui contiennent de la mélatonine ou des éléments essentiels à sa sécrétion, comme Les cerises, les bananes, les flocons d'avoine ou d'orge, le gingembre, l'ananas ou les tomates.


Comment soulager un intestin irritable ?

Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble digestif caractérisé par des douleurs et des sensations de gêne abdominales.

Le régime pour l'intestin irritable vise à diminuer l’hyper stimulation et l’hyper distension des intestins, très inconfortables au quotidien. En évitant les aliments irritant l’intestin et en intégrant les bons aliments, ce régime permet d’atténuer les symptômes.


Les 5 points essentiels du régime pour intestin irritable :

  • Bien choisir les sources de fibres

  • Boire beaucoup d'eau

  • Limiter les aliments fermentescibles et irritants pour l'intestin

  • Vérifier sa tolérance au lactose et au fructose

  • Fractionner les repas

Toutes les recommandations en détails sur passeportsante.net.


Comment rééquilibrer son microbiote intestinal en cas de stress ?

  • Par l'alimentation, en s'inspirant notamment du régime méditerranéen, un régime équilibré, varié et riche en fruits et légumes, .

  • Avec des ferments lactiques sous la forme de compléments alimentaires. Il s'agit de bactéries et des levures dont l’ingestion a des effets bénéfiques sur la composition du microbiote. Prenez conseil auprès de vote pharmacien.


Quelques définitions à connaître :

Probiotiques :

Bactéries étrangères à l’organisme qui vont par leur présence entraîner un certain nombre d’effets bénéfiques sur la santé.


Prébiotiques :

Composés contenus dans notre alimentation (principalement à partir des fibres) et qui servent de nourriture au microbiote intestinal. Par le choix de fibres prébiotiques spécifiques, on peut permettre la multiplication de certaines bactéries notamment les bifidobactéries, dont la présence diminue avec l’âge.


Postbiotiques :

Produit ou métabolite issu des bactéries vivantes du microbiote intestinal : on parle de « métabolite issu de la fermentation bactérienne ». Il peut s’agir d’acides organiques, de peptides, de protéines, de polysaccharides ou d’enzymes.


Psychobiotiques :

Probiotiques utilisés pour soigner les problèmes d'ordre psychologique ou psychiatrique comme la dépression.


EN BONUS


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